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Allan Thombes

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Carcasse vide

by

Allan Thombes

e vais et je viens, errant parmi les vivants,
Cette danse funeste jamais ne cesse,
Je passe muet mais pourtant hurlant
Sans connaître de sincère liesse.
Ils jouent, Ils rient,
Ils souffrent, Ils aiment,
Tandis que moi je dépéris,
Chaque jour un peu plus blême.

Et pourtant je suis là,
Encore et toujours.

Ils sont, jeunes beaux,
Ils ont l’allure noble,
Leurs peines ils affrontent,
A chaque coup ils se relèvent.
Je ne suis qu’oripeaux
J’ai l’air ignoble
Mes peines me démontent
A chaque fois m’achèvent.

Et pourtant je suis là,
Encore et toujours.

Ils souffrent de ne pas être aimé,
Je ne supporte de l’être,
Ils prennent plus qu’ils ne donnent
Je ne sais que prendre.
Ils aiment aimer
Je ne sais que paraître
Le glas résonne
Je dois me pendre.

Et pourtant je suis là,
Encore et toujours.

Chants funèbres, sinistres oraisons,
Résonnent en mon crâne
Emportant ma raison
La remplace par de sombres arcanes.
J’aime la Mort
Et tous ses attributs
Un jour tout le monde dort
Dans le grand inconnu.

Et pourtant je suis là
Encore et toujours.

Je les regarde se débattre sans cesse
Dans l’horreur qu’est la vie
Parfois ils veulent qu’elle cesse,
Eux aussi de la mort ont envie
Mais ils s’accrochent pourtant,
Ils veulent aller de l’avant
Ils préfèrent vivre et souffrir
Que se laisser mourir.

Je hais la vie plus encore que l’Amour,
Je ne crains ni les vers, ni la Peste
Alors pourquoi je reste ?
Encore et toujours_

Que ma chair dévorée par le péché
Soit par la terre mangée,
Que mon corps pourrisse
Et soit pour la vermine un calice
Que mon âme perdue
Par moi même condamnée
Soit par la mort mise à nu
et par tous piétinée.

Je n’ai fait que me plaindre,
Me lamenter de mon sort,
Sans cesse geindre
Sans rejoindre la Mort.
J’ignore encore et toujours
Pourquoi je ne me tue
Je ne sais si j’ai tort mais je sais que je pue
Sinon je saurais ce qu’est l’amour.

Pourriture je suis,
Pourriture je resterais,
Vivre je ne puis,
Survivre je sais.
Toute vie de moi s’en est allée,
Charogne putréfiée,
Ne me reste que la pensée
Et mon corps vide pour l’abriter.

Je suis le seul à blâmer,
J’aurais du lutter,
Ne pas laisser le Néant m’envahir,
Ne jamais fuir

Mais homme je suis,
Homme je resterai,
L’homme toujours fuis
Tout ce qu’il hait.

Je ne suis qu’une carcasse vide et sans destin
Où colère, haine et envie luttent sans fin
Mais s’éteignent d’elles même faute de s’assouvir
Il ne me reste rien, pas même des désirs.

Et pourtant je suis là,
Encore et toujours.

Il va bien falloir que cela s’arrête,
Je ne suis déjà plus qu’une bête.
Vaut-il mieux finir vieux et détesté
Que jeune et aimé ?

Pour ma part j’ai choisi,
Je ne veux vieillir
Pas question de pourrir,
D’ici peu tout sera fini.

Une Carcasse vide peut bouger,
Une Carcasse vide peut danser
Une Carcasse vide peut rigoler
Mais une Carcasse vide ne peut aimer.


Objet Inutile

by

Allan Thombes

Je ne suis qu’un objet dénué d’utilité,
Ceux qui m’ont fabriqué
Ignorent ce qu’ils ont créé
Tout ce qu’ils voulaient c’était perdurer.

On m’a bâti et rebâti,
Lustré et poli,
Tâché de me rendre joli
Selon votre harmonie.

Je n’ai pas su garder
Les formes qu’on m’a donné,
J’ai tenter de me remodeler
Mais je n’ai fait que me briser.

J’ai cherché en vain les raisons,
Le pourquoi de ma création,
Afin d’accorder le pardon
Aux auteurs de ce prétendu don.

Personne ne sait pourquoi,
On ignore pourquoi je suis là,
On ne comprends pas
Ce qu’il faut faire de moi.

On me demande de trouver ma place
Mais ce que je vois dans la glace
Nulle part ne se classe
Ailleurs il n’y en a trace.

De quel droit peut-on me demander
Dans l’armoire de vos vies me ranger
Sans m’avoir jamais donné
Une raison de m’y placer?

Je voudrais me ranger parmi les déchets
Pour terminer enfin par reposer en paix
Mais cette idée tout le monde hait
Et on ne comprend pas qu’elle me plait.

On veux encore et toujours
Me donner de l’amour
M’emmener faire un tour
Pour me faire voir les alentours.

Mais même à eux je ne sert à rien
D’une chose comme moi il n’ont besoin
Car l’objet que suis ne convient
Pas même au plus sombre des coins.

On laisse tout le monde créer
Façonner selon son gré
La matière qu’il a engendré
Sans lui donner la moindre utilité.

On refuse à une chose le droit de ne plus exister
On attend d’elle qu’elle lutte pour se ranger
Sans avoir a lui donner
La moindre raison de ne pas casser.

La question auquel le bibelot à le droit:
De quel droit me demandez vous cela?
Et la réponse qui viendra:
On t’aime, ça ne suffit pas?