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Patricio Armando Sanchez

of

Montpellier, France

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Autobiographie du néant

by

Patricio Armando Sanchez

Autobiographie du néant

à Pablo Neruda

Sans nom. Survivant dans le mutisme de l’œil. Brisé
par la stridence de la vie, je suis debout, comme un peuplier
austral.
Pour l’instant, je me dresse contre les falaises du néant.
Evoluant comme une pierre sans patrie. Maudit.
Enveloppé d’insultes et prêt à pardonner le bruit
de la pluie tombant sur l’eau.

La terre tremble sous mes pieds d’argile.
Je bouge mes bras.
Je respire.
Il est temps de construire des ponts, des sentiers, des passages.

Tu es nulle part.
Nous devons reconstruire ces murs.

Le brouillard, comme une vague obscure nous emporte.
Aucun mot.
Aucun visage pour annoncer le jour.
Et ta colère féroce sous une comète de jade.
Rues absentes.
Odeur de poêle qui suinte dans ta mémoire d’enfant.

Les arbres sont brisés dans une forêt innommable.
Tu chantes donc, le rien.
Le squelette de la feuille.
Le silence.

Les maisons sont vides comme un gant endormi.
Il faut admettre que la vie n’est pas partout souveraine.
Bâtir un mur en papier comme on construit une maison.
Seule la parole est importante.
Seul le geste est nécessaire.
La paupière ouverte.
La main tendue.
L’espoir.

La joie est un dilemme lorsque nous découvrons le jour.
Le criminel s’en va.
Son ombre passe, ancrée en nous, amoindrie, inaccessible.
Sur les ruines du néant, l’herbe pousse.
Et se faufile à travers nos yeux,
l’ombre.
C’est la fin.
Egorgés, les hommes meurent encore.

La ville disparaît.

Nous devrons nous souvenir.

Je reviens vers toi, à travers cette déchirure sans fin.
Ton visage sourit lorsque je touche ces cendres.

Dans la plaie de ta voix disparaît l’orage.
Sur ces murs fissurés nous bâtirons une ville.


EL PARAGUAS ROJO

by

Patricio Armando Sanchez

EL PARAGUAS ROJO

arriban a este puerto cansados trasatlánticos
y hendidos en la proa desertan ante el vino
y abócanse a los vasos recios hombres
con barbas pusilánimes

son viejos marineros que acódanse a la barra
confiados como mástiles
y beben vino a sorbos al son de una guitarra

sois bravos marineros murmuran las rameras
buscando ser amadas
oh rojas jarreteras!
y caen rojos guantes ya ebrios sobre el suelo
y glúteos que se abren
agólpanse en un sexo

las copas en las mesas conservan sus latidos
de copas postergadas
al son de una guitarra y en fin los marineros
de un barco de otros puertos
exploran nuevas aguas al son de una guitarra

sois bravos marineros
la noche ya se acaba!

*

(Cabaret de Barcelona, 1987)

Patricio Armando Sánchez (Chile, 1959). Es poeta y profesor de Español. Reside actualmente en Francia.

EL PARAGUAS ROJO

by

Patricio Armando Sanchez


arriban a este puerto cansados trasatlánticos
y hendidos en la proa desertan ante el vino
y abócanse a los vasos recios hombres
con barbas pusilánimes

son viejos marineros que acódanse a la barra
confiados como mástiles
y beben vino a sorbos al son de una guitarra

sois bravos marineros murmuran las rameras
buscando ser amadas
oh rojas jarreteras!
y caen rojos guantes ya ebrios sobre el suelo
y glúteos que se abren
agólpanse en un sexo

las copas en las mesas conservan sus latidos
de copas postergadas
al son de una guitarra y en fin los marineros
de un barco de otros puertos
exploran nuevas aguas al son de una guitarra

sois bravos marineros
la noche ya se acaba!

L'Oeil Ou la Plume

by

Patricio Armando Sanchez

L’œil ou la plume

Tu es la vigne,
le rameau,
le sarment.

Tu brûles sur la cendre
froide.

Feuille du soleil, bras
qui unit
ou éparpille.

La lumière te transforme en arbre,
sans rien dire,
peut-être
l’impatience nous trompe :

Tu es le sel.

Ébauche d’une ville

by

Patricio Armando Sanchez

La ville est bleue, hélas!,
j’ai éteint tous les cierges.

Le poisson vert somnole
sur la pendule orange.

Un violon. Une main.
La ville entière est bleue.

Les amants qui s’embrassent
ont le visage tendre.

Le poisson bleu est jaune,
jaune comme des écailles bleues.

Il enflamme la ville.
La ville est une fleur orange.

L’ESPACE

by

Patricio Armando Sanchez


L’espace est toujours cette surface où l’homme prend la relève du silence vertical.

Marcher n’est rien d’autre que bouger ses extrémités, harmonieusement, éloigné des mouches qui couvent leurs oeufs inodores afin de les protéger du froid.

Nonobstant, cet espace n’a pas de limite.

Il commence là-bas: où l’on voit une chaise, mais sa fin pourrait ressembler à ce papier froissé, ou à tes mélancoliques paupières de poisson.

Cimetière urbain

by

Patricio Armando Sanchez

Dans le jardin où dorment
les colombes
il y a un arbre
on dirait un pommier
pourtant dans ce jardin
où dorment
les colombes
il n’y a pas d’arbre
il n’y a pas de pommier
et les colombes aux ailes grises
ou blanches
qui dorment sur
les tombes
sont -je l’avoue- la
cendre du pommier.

Le vieux chêne de Sainte Croix de Quintillargues

by

Patricio Armando Sanchez

Au bord de la Bénovie, juste
en face de l’Impasse du Pontil,
il y a un vieux chêne.

C’est un ami discret
pour celui qui se promène.
Il a la simplicité du vent.

Dans ses branches s’abrite un oiseau
qui n’a pas de maison.

J’aime bien regarder cet arbre
le laissant parler à ses feuilles.
Il n’a pas d’yeux ni de visage.
Mais son regard est profond.

Ses bras sont semblables à la vie.

Je pourrais dire que ce vieux chêne
possède la bonté de l’ horloge.
Lorsque sonne le clocher
il se réjouit en ouvrant ses bras au monde.