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Agnès Caillat

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Mon coeur pleure

by

Agnès Caillat


Pour toujours, mon cœur pleure.
Je pleure.
Mon âme, poreuse, n'absorbe pas toutes mes larmes.
Je pleure l'amant que je n'ai jamais eu.
Je suis révoltée, tremblante, j'ai froid.
Je sens tomber sur moi la brume de mon amour perdu.
J'entre dans la grisaille.
Ma vie n'est plus qu'une immense nuit sans étoiles.
Même le reflet de la lune n'y est pas.
Plus rien ne m'éclaire. Il fait noir dans mon cœur. J'ai peur.
J'ai peur et j'ai mal.
Pas de douleur réelle, mais un mal silencieux qui me ronge.
J'endure ma nouvelle vie sans toi.
J'endure l'endurance de la vie après l'amour.
La vie après la mort n'est-elle pas meilleure ?
Une vie où j'oublierais enfin, où je serais oubliée.
Etre oubliée après ma mort, passe encore_
Etre oubliée alors que je suis encore en vie_
C'est l'infamie suprême surgissant d'un amour injuste.
Mais je ne suis pas morte. Toi non plus tu n'es pas mort.
Je vis, tu vis, nous vivons, donc tout n'est peut-être pas perdu.
Mais oui, bien sûr, la vie c'est l'espoir.
Y'aurait-il un espoir que j'entre à nouveau dans la lumière,
Dans le blanc et le rose, dans la chaleur ?
Se peut-il que les étoiles renaissent et que la lune brille à nouveau ?
M'offrirait-on un nouveau rembourrage ?
Je retrouverais ainsi une consistance digne de tes mains.
Mais hélas, tu n'es qu'un rêve vieux de vingt années.
Un rêve qui s'élève dans les voies cachées de mon pauvre cœur.
J'avais pourtant trouvé une partie de moi dans toi.
Un complément que j'avais cherché toute ma vie.
Je ne prendrais jamais pour acquis cette conquête éternelle.
Je me bouleverse, je me provoque, je me maltraite.
Je délire dans mes souvenirs indélébiles. Je deviens débile.
Chaque soir, je t'emmène dans mes rêveries.
Là où le présent n'existe plus, nous sommes seuls.
Dans mes rêves, pas de place pour le superflu.
Ces rêves, je les mijotes à chaque endormissement.
Dans mon sommeil, je les consomme avec délectation.
Je revis cet amour qui ne fait pas mon bonheur.
Amour tragique privé des tes faveurs.
Mon Dieu; ma tête est comme un champ de foire.
Je t'y cherche comme une damnée, je suis paumée.
Je suis abasourdie par le bourdonnement d'une foule imaginaire.
Je t'appelle, je crie, je hurle, je pleure encore.
Mes cris sont vains.
Ils ne me renvoient que l'écho de ma tristesse infinie.
Un instant_ Je crois voir ta main qui me cherche
Je crois entendre ta voie qui m'appelle_
Encore un mirage de l'amour mort.
Encore un signe de ma démence affective.
Ma démence ? Oui, c'est ça, je suis démente. Je suis folle.
La déraison m'a frappée en plein cœur; en pleine tête.
Je panique, mon ciel est au dessous du niveau de l'eau.
Impossible de remonter, mon monde est inversé.
Je suis bouleversée. C'est renversant, déchirant.
Je suis déchirée, lacérée, brisée, fracassée.
Et pourtant, je t'aime encore, mon unique.
Les miettes de mon corps gardent la cohérence de mon âme.
Ange doré de tous mes désirs, mon âme ne t'oublie pas.
Papillon bleu, amour de ma vie, ton absence me perturbe.
Devant moi, je ne vois que le brouillard, épais, impénétrable.
Inutile de courir, je ne pourrais pas le traverser.
Quelque chose m'empêche d'avancer. Une chose.
Comment définir "La chose" qui dévorent mes envies.
Je n'ai plus aucune notion de l'amour.
Je n'ai plus envie de l'amour, je déteste l'amour.
Mais l'amour m'aime puisque je t'aime.
Je t'aime dans une infinie tendresse qui ne t'atteint pas.
Curieusement, mon désarroi n'en n'altère pas la beauté.
Je n'abandonnerai jamais ce qui fût, un temps, nous, notre histoire.
Je Continue à marcher sur les chemins tortueux de ma vie.
J'y ai déjà marché longtemps, sans abri, sans soleil.
Alors d'où me vient cette étrange brûlure ?
J'implore tant de fois le ciel pour qu'elle me laisse en paix.
C'est sans appel, c'est une blessure qui ne s'affronte pas.
A quoi bon affronter ce qui me vient de toi.
Non, pas d'affront. Juste de l'amour, de l'amour.
Et encore de l'amour pour toi.
Eric, je t'aime.